La victoire des Bleus

Donc tout d'abord un grand Bravo à l'équipe de France et à son sélectionneur ! 

Alors cette réussite, et si on y regardait de plus près ...

Didier Deschamps :

 D.D. la chance certains disent ...

ou peut-être simplement Didier l'entraineur qui a tout compris ?

La chance ? Vous y croyez vous ?

Moi pas!

La chance ça se provoque !

Cohésion d'équipe :

Pour qu'une équipe réussisse en sport collectif, il y a un élément fondateur et fondamental: la cohésion. 

Cette équipe nous l'a montré tout au long de la compétition.

On a senti une équipe qui avançait ensemble ; de plus en plus. Chacun dans le groupe semblait connaître son rôle, son statut et se sentait respecté. Cette équipe ressemblait à un bloc. Et si tactiquement le bloc équipe se construisit petit à petit, la cohésion de l'équipe était visible, même dans les temps faibles.

Dans les matchs de poules, on a vu une équipe qui avait du mal à trouver une identité de jeu. On voyait une équipe avec quelques incohérences entre les lignes, au milieu de terrain, dans certaines phases ou certains déplacements. Mais quand l'équipe avait du mal à gagner : elle gagnait quand même ; et quand elle n'arrivait pas à gagner, elle se battait pour ne pas perdre.

Le projet, l'objectif paraissaient clairs et emportaient l'adhésion des joueurs, du groupe.

Au sortir du match très pénible contre le Danemark, on ne parlait presque que de la piètre qualité du match, de la piètre performance du point de vue du jeu.

Et oui cette équipe danoise jouait un jeu tactique et pas très emballant. Comme nous du reste... l'histoire se rappellera peut-être que ce sont ces deux équipes qui se sont qualifiées pour les 8èmes.

Cette équipe de France avait été moche à regarder mais cette équipe de France avait atteint son premier objectif : terminer première de son groupe.

Deschamps très lucide nous avait rappelé à juste titre que l'objectif n'était pas le beau jeu ou d'être enthousiasmant mais bien de franchir cette étape.

Cette première étape était franchie.

Deschamps a su construire une forte cohésion dans ce groupe, un juste niveau de confiance et qui s'est traduit par une détermination sans faille et l'engagement nécessaire. Que ce soit pour les titulaires, pour les rentrants et même auprès de ceux qui n'ont pas joué du tout. 

N'avez-vous pas eu l'impression que tous les remplaçants se sentaient investis dans cette coupe du monde ? Tout le monde prêt pour réussir l'objectif quelque soit le statut. Quelque soit le temps de jeu. Prêts à partir au combat.

C'est ça la cohésion. 

La confiance : 

Un autre élément qui me semble caractériser ce succès c'est laconfiance. Ce que j'aime appeler la "juste-confiance" : un mélange de doute et de confiance bien équilibré. Un équilibre qui permet d'associer relâchementet vigilance.

Pour arriver à une performance constante et croissante, c'est indispensable.

Encore une fois, il faut tirer un coup de chapeau à Deschamps, puisqu'on sentait que les titulaires étaient confiants tout autant que les joueurs sur le banc. Ainsi il avait créé une confiance de groupe.

Aviez-vous l'impression que les joueurs du banc semblaient moins en confiance? Pour moi non ! L'impression visuelle laissée était globalement très homogène. Et c'est quand même un super atout pour une équipe que les 23 joueurs se fassent confiance les uns et autres.

Deschamps a su utiliser les compétences de chacun de ses joueurs et leur complémentarité, sur et en dehors du terrain. Il a trouvé les mots.

Je pense qu'il a su trouver l'alliage : l'association entre se battre comme si elle avait peur de perdreassocié à la détermination de faire le maximum pour gagner. Comment ? En permettant à chaque athlète de jouer son jeu ; à son niveau. Que l'équipe soit bien consciente de ses forces pour jouer son jeu : c'est à dire pour faire ce qu'elle sait faire. Et ensemble.

Être à 100% c'est un préalable indispensable pour permettre de se dépasser. On le sait tous, la confiance est vraiment un point favorisant pour le sportif. L'euphorie est illusoire quant à elle.

Cette équipe a dégagé de manière progressive cette juste-confiance !

Clairement Deschamps a permis grâce à sa stratégie globale : ses choix, la construction du groupe, la congruence des propos à souder et faire adhérer tout un groupe pour un objectif unique : ramener la coupe du monde ensemble. Ce n'est pas la victoire de Deschamps. Ce n'est pas la coupe du monde pour CR7 ou pour Messi. C'est la victoire, d'une idée, d'un travail, d'une équipe.

Il a instigué individuellement et collectivement l'envie et l'état d'esprit de ne jamais rien lâcher. De faire encore et toujours ce petit geste supplémentaire qui fait que c'est son équipe qui l'emporte.

La gestion des émotions :

Vous souvenez-vous de 2006 où Zidane lâche ses nerfs sur Materrazzi ...

Sentez-vous à ce moment là une bonne gestion émotionnelle de l'évènement ?

Pas sûr. 

La technique, la tactique, l'envie, la détermination ? oui mais sans gérer ses émotions (c'est très risqué et évidemment pas moins au plus haut niveau ...)

Vous souvenez-vous du cauchemar Knysna ? La déliquescence d'un groupe qui se tire lui même une balle dans le pieds ... malgré la qualité des joueurs présents ?

Cette équipe était-elle moins forte que cette de 2018? Qui peut le dire ?

Cette équipe était nullement soudée et aucun ne se sentait dans la cohérence d'un projet et prêts à suivre un sélectionneur incohérent et conspué.

Incontestablement la différence entre 2010 et 2018 est flagrante.

D'un coté cohésion, confiance, respect, gestion émotionnelle = un mental d'équipe solide.

D'un autre simplement l'exact inverse. Pas de cohésion, de la défiance, peu de respect et ne parlons même pas de la gestion émotionnelle ... = naufrage.

La confiance permet d'être soi et être soi c'est le préalable indispensable au dépassement de soi.

Être soi :

Pour pouvoir donner le meilleur de soi-même il faut commencer par être soi-même

Quel plus bel exemple que cette bande de mecs ? à la fois suffisamment cadrée et recadrée au besoin ; avec un discours franc, droit et sincère et pour autant une liberté d'expression et de vie. L'exemple même de ce qu'il faut faire pour qu'un individu puisse s'épanouir.

Avez-vous entendu sur RMC les remarques de D. Riolo sur l'impression de bien-être qui se lisait sur le visage de Lloris, lui pourtant si souvent fermé ou presque triste.

Ce groupe, ce coach lui ont permis de se "libérer" dirait-on ?

Au point même de s'autoriser un crochet en pleine surface qui causa un but, sans conséquence.

Le relâchement a de cela qu'il peut parfois conduire à de la déconcentration.

C'est ça aussi la préparation mentale, trouver la justesse de gestion des émotions, l'équilibre entre relâchement, stress et concentration, voir re-concentration.

Quelles parades nous a-t-il sorti aux plus importants des moments ?

Respect !

Bien entendu tout le mérite n'en revient pas exclusivement à Deschamps et son staff, puisque tous ces joueurs s'entrainent au plus haut niveau toute l'année ... oui mais leurs adversaires aussi !

Sauf que c'est lui le maître d'œuvre, le chef d'orchestre de cette aventure !

D'autres exemples de réussite de gestion des émotions, de concentration sautaient aux yeux pendant cette compétition ... mais cela fera l’objet d'un prochain article.

L'apparente décontraction de Mbappé, la concentration de Griezmann, la sérénité de Pogba, l'abnégation de Varane, la justesse de frappe de Pavard sur sa toute première frappe, la re-concentraion de Lloris, ... De l'angle de vue du mental il y en a à décrypter, décortiquer pour comprendre cette réussite.

 Je me ferai un plaisir de continuer à échanger avec vous sur cette compétition et sur bien d'autres évidemment.

Merci d'avoir lu cet article que je voulais partager avec vous et que j'ai écrit sous la supervision de mon ami et entraineur de football Michael Ribbes.

 

Michael Ribbes

 37850625_10211206633353859_5660392641267761152_n.jpg

Entraineur de football à l'Athletico Sports Club, Liban - Club partenaire de L'Olympique Lyonnais

https://www.athleticosc.com 

 

**************************

Quelque soit votre sport - Quelque soit votre niveau

Le mental n'est plus une option !

La préparation mentale ne se décide pas après l'échec

La préparation mentale se décide pour Réussir